L’ambre de la Baltique : découvrez son impact fascinant

Après de fortes houles, si en France les adeptes des loisirs créatifs et créations maison sont heureux de trouver du bois flotté sur la plage, les Lituaniens peuvent facilement y trouver de l’ambre !

L’ambre, c’est l’or de la Lituanie. L’ambre de la Baltique est une résine de pin fossile, sécrétée il y a 40 millions d’années par des conifères, aujourd’hui engloutis par la mer Baltique.

L’or de la Baltique convoité par l’Égypte des pharaons…

La route de la soie est bien connue, mais la route de l’ambre mérite de l’être davantage. L’ambre est à l’origine des premiers contacts entre les peuples de la Baltique et de la Méditerranée. C’est précisément à la recherche d’ambre que les habitants de la Méditerranée et de la mer Noire, ainsi que les Arabes du Proche-Orient, ont organisé les premières routes commerciales vers l’Europe du Nord. Dans le livre Lituanie : Les feux de pierre, l’auteur Julien Oeuillet rappelle que l’ambre de la Baltique a même été retrouvé sur le masque de Toutânkhamon !

…avant d’inspirer le nom de la plus grande invention du XIXe siècle

La langue lituanienne associe l’ambre à ses vertus protectrices. L’ambre est appelé gintaras (le verbe ginti signifie défendre). Le terme gintaras désigne une amulette ou un porte-bonheur.

Les langues latines ainsi que la langue anglaise associent davantage l’ambre à ses utilisations potentielles. Le terme utilisé dans ces langues pour désigner l’ambre a été emprunté dès le XIVe siècle au latin médiéval ambar, ambra, lui-même tiré de l’arabe anbar, « ambre gris ». D’origine végétale, l’ambre jaune a reçu ce nom par analogie avec l’ambre gris, d’origine animale, qui présente des caractéristiques physiques et des utilisations similaires. L’ambre gris a été introduit en Europe au Moyen Âge pour être utilisé comme parfum et comme médicament.

Au toucher, l’ambre jaune capte la chaleur du corps et la restitue. Dans le jargon scientifique, l’ambre est une matière combustible et peut engendrer un phénomène d’électrisation par frottement (l’ambre peut générer de l’électricité statique lorsqu’il est frotté). Selon une légende balte, empreinte de poésie, un morceau d’ambre est un rayon de soleil qui se matérialise au contact de l’eau. Les langues germaniques associent l’ambre à cette notion de chaleur et de soleil. Pour désigner l’ambre, le terme Bernstein fait référence à sa capacité d’entrer en combustion : il signifie littéralement « pierre qui brûle » (de stein « pierre » et brennen
« brûler »). Et les teintes dorées de l’ambre jaune ne vous rappellent-elles pas le feu ?

Les pouvoirs électrostatiques de l’ambre sont reconnus, à tel point que le mot électricité vient du grec êlektron (ήλεκτρο) qui signifie ambre !

…et de permettre aujourd’hui encore des découvertes scientifiques

Imaginez la portée scientifique de ce phénomène : en se solidifiant, la résine de pin a pu piéger des fragments intacts et tridimensionnels d’organismes vivants préhistoriques ! Des espèces animales et végétales : insectes, araignées, champignons, lichens, bryophytes (catégorie de plantes à laquelle appartiennent les mousses), plantes à graines comme les feuilles, les fleurs, les chatons et le pollen, etc.

Les archives florales fossiles de l’ambre se distinguent par leur rareté. Les inclusions florales ne dépassent généralement pas 10 mm. Un morceau d’ambre a cependant livré une fleur d’une taille exceptionnelle : 28 mm de diamètre. On doit à la Baltique le plus grand fossile connu d’une fleur conservée dans l’ambre.

Quant aux arthropodes fossiles, National Geographic estime que l’ambre de la Baltique a déjà offert les traces de plus de 3 500 espèces (dont plus de 650 espèces d’araignées fossiles). Plus extraordinaire encore, l’ambre de la Baltique a magistralement conservé quelques vertébrés préhistoriques, dont le plus ancien spécimen connu d’une variété de lézard : un gecko appelé Yantarogekko balticus, daté d’environ 54 millions d’années ! Son étude a permis de découvrir que le système complexe d’adhésion des doigts du gecko sur un mur est plus ancien de 20 à 30 millions d’années que les scientifiques ne le pensaient.

Un gecko appelé Yantarogekko balticus, daté d’environ 54 millions d’années,
nous est parvenu presque intact, grâce à un morceau d’ambre de la Baltique.
Crédit photo : Museumsfotograf

Le monde avance et la mer Baltique apporte sa pierre à l’édifice.

Crédit photo pour l’image mise en avant : l’auteur du blog.

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